HEKLA et LAKI

Hekla et Laki, lecture musicale

d’après un album jeunesse de Marine Schneider édité chez Albin Michel Jeunesse

Avec Didier Pourrat et Isabelle Bianchi

Quand Hekla, petit jeune fougueux, débarque chez Laki, grand sage âgé, c’est l’apprentissage de la vie qui commence, pour mieux grandir ensemble.

Suite à un voyage en Islande, Marine Schneider a réalisé ce magnifique album, inspiré par 2 volcans, l’un vieux et éteint appelé Le Laki, le second en pleine éruption et sous haute surveillance, appelé L’Hekla.

Lecture musicale Jeune Public

 

L’ENVOLÉE D’UNE TRISTE PENSÉE

Spectacle de lectures musicales sur le Tango et l’Argentine, créé par le Théâtre de la Tarlatane en mai 2013. Textes (de Jean Richepin, Jorge Luis Borges, à Wolfram Fleishauer, en passant par Hugo Pratt), chansons (de Homero Manzi et Enrique santos Discépolo à Daniel Melingo) et musiques (de Lucio Demare à Astor Piazzola) autour du Tango et de l’Argentine.

L’EQUIPE

Isabelle Bianchi, Tom Jallet, Damien Schilteiss, Philippe Jallet, Robert Bianchi

Tango, tour à tour renié ou défendu… dans une Argentiné déchirée soumise à une histoire douloureuse.

 » Les photos de ceux qu’on appelle « les disparus », qui décorent un peu partout les murs de San Telmo, rappellent au visiteur que l’Argentine détient un triste record de meurtriers de masse et de tortionnaires psychopathes en liberté. […] Les mères et les grand-mères de ces disparus qui, pour la plupart, avaient entre vingt et trente ans, tournent vainement tous les jeudis après-midi sur la Plaza de Mayo, devant le siège du gouvernement, en demandant justice pour leurs enfants et petits-enfants enlevés, torturés et assassinés par l’état. La population les appelle aimablement las locas, les folles. »

Extrait de « Trois minutes avec la réalité » de Wolfram Fleishauer

« Fêlure, débauche, amour, jeu et mort… Le tango est une pensée triste qui se danse. D’inspiration populaire, le spleen chaloupé des marginalisés argentins est né sur le bitume. Très vite il a débordé les bas-fonds pour envahir la « bonne » société. Et cette tarentule tropicale a fini par se jouer aussi des océans. […] Qui se souvient aujourd’hui que le tango fut, lors de sa sortie, jugé obscène et diabolique par la papauté ? »        

Extrait de « Tango » de Hugo PRATT

Danse, Musique et Poésie ont accompagné ma plus tendre enfance. Je n’ai pourtant goûté au tango argentin (belle association des trois) que tardivement. Auparavant, j’avais souvent observé admirativement mes parents exercer avec le sérieux de rigueur, la marche pleine d’émotion du tango. Tout comme eux, de nombreux immigrés italiens avaient su exprimer leur déracinement, mais aussi leurs espoirs à travers ces pas sublimes à mes yeux : Argentine – terre d’argent –  l’autre Amérique des italiens.

   Goûter à cette danse, c’est se retrouver rapidement dans un tourbillon où le charme réside dans l’improvisation. Le danseur, la danseuse (les tangueros) découvrent l’instant présent. Chaque nouveau pas n’est que surprise. Le tango, c’est l’art de danser le temps présent, ne pas anticiper, être à l’écoute du partenaire.

   Attirée dans la frénésie de cette danse, j’ai éprouvé le besoin d’approfondir ma connaissance de cet Univers de tristesse où mouvement, poésie et musique s’entremêlent. 

   Il ne s’agit pas pour moi de tenir le rôle d’une conférencière mais d’aborder à travers différents auteurs, compositeurs et musiciens cette atmosphère d’amour et de haine.

Isabelle Bianchi, le 14 mars 2013

   Hugo Pratt, Wolfram Fleischauer, Jean Richepin, Enrique Santos Discépolo, Alfonsina Storni, Jorge Luis Borges… évoquent le tango et ses différentes facettes : sa musique, sa poésie, sa danse, ses voyages, l’histoire d’une immigration ou encore un univers marginal de débauche, tour à tour détesté et adoré!!!
Où les musiques et chansons d’Astor Piazzolla, Felix Luna et Ariel Ramirez, Javier Sanchez, Carlos Gardel, Aníbal Troilo… s’entendent au rythme du temps suspendu, dans ce monde improvisé où chaque instant est unique.

« Parler de tango bagarreur n’est pas assez ; j’irais jusqu’à dire que le tango et les milongas expriment directement quelque chose que les poètes ont souvent cherché à dire avec des mots : la conviction que le combat peut être une fête. » 

Jorge Luis Borges (1899-1986)

   Où l’on évoque le tango, « cette triste pensée qui se danse » comme l’a défini Enrique Santos Discépolo …

Photos : Patrice de Saint Jean

Lectures gourmandes

Avec
Isabelle Bianchi, Tom Jallet et Robert Bianchi

Entre le détective gourmet et le goinfre rabelaisien, un petit régal de gourmandises poétiques et autres nouvelles délicieusement culinaires, le tout entrecoupé ça et là d’une chansonnette, chronique, pensée, en bref de quelques amuse-gueule ; de quoi chatouiller les papilles et les esprits.  

« Ce que l’on voit est toujours décevant. Il faut croire à ce que l’on mange » 
James Thurber

On vous invite à savourer quelques morceaux de choix de la littérature. Une heure pendant laquelle les nourritures du corps et de l’esprit se rejoignent et se confondent.

Voyages de Lemuel Gulliver, médecin et navigateur

de Gisèle Bianchi,
d’après « Les voyages de Gulliver » de Jonathan Swift (dans la traduction française d’Emilie PONS – éd. Gallimard)

L’équipe

Patrice Lattanzi, Gisèle Bianchi, Emmanuel Brouallier, Lise Pereira et Camille Gonzalez.

Je demandais à un homme pauvre comment il vivait ; il me répondit : « comme un savon, toujours en diminuant ». Jonathan Swift 

A la question « connaissez-vous les voyages de Gulliver ? » la réponse est le plus souvent positive. En creusant un peu, on s’aperçoit que bon nombre des personnes interrogées connaissent plus ou moins le 1er des 4 voyages, et que la plupart d’entres elles rangeraient l’ouvrage au rayon littérature enfantine. A quelques exceptions près, les nombreuses adaptations du livre se limitent à une version très édulcorée du voyage à Lilliput.

Il s’agit pourtant d’une satire sociale et politique acerbe et sans concession, dont le fondement très critique n’échappa pas aux censeurs du VIIIème.

L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe.          Jonathan Swift 

Gulliver intemporel et universel

La lecture des « voyages de Gulliver » nous entraîne sans ménagement dans une confrontation au présent … Difficile de ne pas donner le visage de tel ou tel homme politique actuel, ou autre personnalité en vue, à certains personnages côtoyés par Gulliver, de ne pas rapprocher telle ou telle situation décrite par Swift de certains évènements qui défraient notre actualité. A travers cet imaginaire effréné, Gulliver nous emmène en excursion dans notre quotidien, nous encourage à observer de plus près, à multiplier les angles de vue. Ses aventures d’une truculence rabelaisienne bousculent notre esprit et notre réflexion.

Nous avons tout juste assez de religion pour nous haïr, mais pas assez pour nous aimer les uns les autres. Jonathan Swift

 La matière des écrits de Swift, c’est le monde, ce sont les humains, sans limite de lieu et d’époque. Il revendique cette universalité.

L’auteur qui n’écrit que pour une ville, une province, un royaume ou même un siècle mérite si peu d’être traduit, qu’il ne mérite pas d’être lu.  Jonathan Swift

Le contexte

Jonathan Swift écrit « les voyages de Gulliver » juste après la crise financière qui toucha la Grande-Bretagne en 1720, constituant l’un des premiers krachs boursiers de l’Histoire : la spéculation avait provoqué une hausse considérable des actions de la compagnie des mers du Sud, puis leur effondrement brutal. S’ensuivirent des faillites en chaîne, et un appauvrissement général de la population…

 

« Je peux prévoir le mouvement des corps célestes, mais pas la folie des gens. » Issac Newton

Les choix d’adaptation

Comment aborder un ouvrage aussi dense pour le porter à la scène ? Comment en extraire la « substantifique moelle » ? Comment choisir dans cette abondance d’épisodes plus savoureux l’un que l’autre ? Ces questions n’ont cessé d’accompagner ce travail d’adaptation et « choisir » en a été le maître mot.

Je n’ai fait qu’une brève incursion sur l’île de Lilliput, qui correspond au 1er des 4 voyages, et qui est indéniablement beaucoup plus présent que les autres dans l’imaginaire collectif. L’essentiel du texte porte sur les  2ème et 3ème voyages. J’ai volontairement éludé le 4ème voyage, beaucoup plus philosophique. Mes choix sont allés prioritairement vers le pamphlet social et politique. Je me suis également efforcée de rendre la richesse de ces récits, leur incroyable modernité, la liberté d’écriture de Swift qui navigue entre ironie et cynisme, fantastique et science fiction avec une dextérité et un aplomb visionnaires.

J’ai choisi de jouer avec l’ambigüité dont Swift a lui-même usé abondamment, qui consiste à faire du capitaine Gulliver le véritable auteur de ces récits. Il faut dire que si ce personnage était tout aussi imaginaire que ces voyages, les dangers auxquels Swift était exposé étaient, eux, bien réels. Une loi en vigueur dans l’Angleterre du 18ème permettait de faire couper les oreilles de l’auteur et de l’imprimeur, pour peu que ses écrits aient déplu aux autorités… une autre, promulguée en 1677, condamnait au bûcher les météorologues, taxés de sorcellerie. En 1704, Daniel de Foe se vit infliger le supplice du pilori…

Le stratagème mis en place par Jonathan Swift pour préserver son anonymat était digne de la richesse de son imaginaire ; si l’on en comprend facilement la nécessité, on peut aussi le voir comme une plaisanterie très élaborée : un prétendu cousin de Gulliver, un imaginaire Richard Sympson, était chargé des relations (épistolaires) avec l’éditeur ; Il existe même une lettre, signée Lemuel Gulliver, adressée à son cousin Sympson, dans laquelle il lui reproche d’avoir tronqué ou transformé certaines parties de ses récits…

A propos de la mise en scène

« Les voyages de Gulliver » est un ouvrage aussi dense que déroutant. Il est écrit à la manière, et avec l’apparente rigueur, d’un récit de voyage ; il s’agit en réalité d’une très audacieuse excursion dans l’extraordinaire. Mais ce texte n’a rien d’un délire : chaque point de détail comporte un sens profond, une métaphore, une réflexion philosophique ou politique… Rien n’y est laissé au hasard.

 

J’ai la conviction que le mode d’expression que constitue le théâtre est particulièrement apte à transmettre l’esprit de cette œuvre, sa complexité et son universalité, mais aussi et surtout sa force de réflexion et d’analyse, tout en préservant l’humour et le caractère ludique de ce récit ô combien fantastique.

Ici, il ne sera pas question de faire voler une île au cœur de diamant, ni de donner à voir des hommes de la taille d’un clocher… Du moins, pas concrètement… C’est là que réside la magie du théâtre : à la féérie des effets spéciaux, nous substituons la complicité de l’acteur avec le public, une proximité qui lui permet de l’emmener loin dans l’imaginaire, tout en gardant intacte sa capacité à penser…

Le comédien, ça et là, se glissera à l’intérieur du récit, donnant vie aux personnages, sans autre artifice que le jeu et la mise en scène, mis en œuvre pour le plaisir et l’intelligence des spectateurs.

Photos : Vincent Jolfre - Affiche : Jalou Studio

Dans ma maison de papiers, j’ai des poèmes sur le feu

de Philippe Dorin

L’équipe :

Sophie Pastrana, Isabelle Bianchi, Patrice Lattanzi, Didier Pourrat, Robert Bianchi, Emmanuel Brouallier, Pascal Essertel, Ghislaine Ducerf, Gisèle Bianchi.

Il est dans ma maison de papier, un promeneur et son double qui tour à tour vont diriger le cours de l’histoire… l’un mène le jeu avec ses mots…, l’autre avec les notes qui sortent de sa clarinette.

Il est dans ma maison de papier, une petite fille. Elle installe son décor, son univers, zoome sur sa maison qu’elle éclaire et éteint à son gré…

Il est dans ma maison de papier, une vieille dame, vieille dame que le promeneur, accompagne vers la mort (tel Charon le long du Styx).

Ainsi, elles passent du rêve à la réalité et de la réalité au rêve.

Comme dans le conte de Hans Christian Andersen, c’est dans la flamme de l’allumette que la petite fille recherche « le mot qui pourrait faire revenir quelqu’un… »,  C’est cette flamme qui dirige ses rêves !

Très vite la petite fille comprend et accepte que les illusions de l’enfance ne sont qu’illusions…

Très vite elle grandit et apprend pour transmettre à son tour.

La petite fille d’Andersen sait que la vision de sa grand-mère est éphémère, le temps d’une flamme d’allumette. La petite fille de Philippe Dorin comprend que la vie est éphémère et que c’est vers la mort que se dirige la vieille dame.

Photos : Vincent Jolfre
Affiche : Didier Pourrat